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karim7373




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: 04/06/2008

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Petite histoire de Mostaganem
Extraite du Guide pratique de Mostaganem et de sa Rgion (1938)
Les Romains connaissaient un port de Murustaga qui tait vraisemblablement situ dans les environs de la ville actuelle.
Sous le rgne de l'Empereur Gallien, l'Afrique septentrionale fut dsole par d'effroyables tremblements de terre. Presque toutes les villes du littoral furent submerges et des sources d'eau sale jaillirent en beaucoup d'endroits;

Peut-tre faut-il attribuer ces catastrophes l'aspect abrupt de la cte de Mostaganem, qui, effectivement semble conserver les traces d'un bouleversement.

Quoi qu'il en ft, partir de cette poque, il n'est plus question du port de Murustaga qui a d, alors, tre englouti par la mer avec une partie du rivage.

Les gographes arabes font mention de Mostaganem, petite ville, situe dans le fond d'un golfe, entoure de murailles, avec des bazars, des bains, des jardins, des moulins eau, mais ils ne disent rien de prcis quant la fondation de cette cit.

On attribue Youssef ben Tachefin, l'Almoravide, la fondation de Bordj el Mehal, l'ancienne citadelle de Mostaganem, aujourd'hui convertie en prison.

Youssef rgna de 1061 1106.

Mostaganem tomba au pouvoir des Mrinides en 1200. L'un d'eux, Abou-Einan, fit construire la mosque en 1342.

Il est remarquer que, depuis l'expulsion des Morisques d'Espagne, jusqu' la fin du XVIII sicle (?) Mostaganem fut, aprs Tlemcen, la ville la plus importante du Beylick de l'Ouest.

Son histoire est intimement lie celle des luttes qui mirent aux prises les Turcs d'Alger et les Espagnols d'Oran.

Mostaganem, en effet, de par sa situation gographique, fut toujours une base d'attaque contre Oran pour un ennemi venant de l'Est, et une base d'oprations contre Alger pour un agresseur parti de l'ouest.

La ville passe, en 1516, sous la domination des Turcs. Elle fut alors agrandie et fortifie par Kheir ed Din.

En 1551, Mohamed el Haran, fils du Chrif Mohamed el Mehdi, sultan du Maroc, s'empare de Mostaganem, d'o il poursuit sa marche sur Alger. Mais, il est arrt, sur les bords du Chelif, par Hasan Corso qui le bat et reprend la ville.

Cinq ans plus tard, en 1556, le mme Hasan Corso, marchant sur Oran, concentre ses forces Mostaganem, o sa flotte dbarque artillerie, vivres et munitions.

En 1563, Hasan Pacha, prparant le fameux sige de Mers-el-Kbir, fait, galement, de Mostaganem, sa base d'attaque et y runit ses forces de terre et de mer.

En 1568, Euldj Ali, se disposant mettre le sige devant Oran et faire ensuite une descente en Espagne, pour seconder une rbellion des Morisques qui s'y prparait, dirigea une arme de 14.000 mousquetaires et de 60.000 auxilliaires indignes sur Mazagran et Mostaganem, o il avait envoy d'avance du canon et 14.000 chameaux, chargs de poudre.

Il suffit de ces quelques exemples pour expliquer les trois tentatives que fit le comte d'Alcaudte pour s'emparer de Mostaganem. Bien qu'aprs sa mort, les Espagnols n'aient plus paru disposs une entreprise srieuse contre cette place, les Turcs et les Maures restrent toujours sur leurs gardes, dans la crainte de quelque coup de main.
En 1589, un soldat du chteau de Santa-Cruz dserta et se rendit auprs du gouverneur de Tlemcen, le cad Ali, auquel il annona, pour se faire bien accueillir comme porteur d'une nouvelle d'importance, que le gouverneur d'Oran faisait des prparatifs, pour aller, sous peu de jours, emporter Mostaganem par escalade.
Le cad envoya aussitt, de la garnison de Tlemcen, 120 janissaires et prit dans le chteau de Mascara tous les Turcs qu'il put trouver. Il arriva, Mostaganem, le 7 mars 1589 et y runit tous les gens de guerre des bourgs et des campagnes. Ceux-ci restrent de garde dans la ville et ne s'aperurent qu'au bout de 17 jours qu'ils avaient t mystifis.


Quand Oran, tombe au pouvoir des Turcs, en 1708, eut t reprise, en 1732, par les Espagnols, Mostaganem fut le sige du vilayet, successivement, sous les Beys Bou-Chalar'am, Youssef, Mustapha-l-Ah'mar.

Elle fut, dans le mme temps, un centre intellectuel hautement estim. Une tradition veut qu' certaines poques, quand le vent soufflait de Mostaganem, les habitants de Mascara gravissant avec leurs enfants, l'une des montagnes dominant leur cit, plaaient leur progniture, le visage tourn vers Mostaganem, pour leur faire respirer, avec ce souffle bni, les manations de la science et de la vertu dont la ville tait le sjour


Lors de l'expdition d'O'Reilly contre Alger, en 1775, alors que les beys de l'Est et du Titteri avaient amen tous leurs contingents pour combattre les Espagnols, le bey de l'Ouest, Ibrahim, resta en observation auprs de Mostaganem, que l'on craignait de voir enleve par les gens d'Oran. Seul, son khalifa, la tte de 4.000 cavaliers de Douairs vint renforcer, sous les murs d'Alger, la mahalla du Khazbadji.


Il est surprenant, dans ces conditions, que les Espagnols, depuis Alcaudte, n'aient plus fait d'efforts pour conqurir une place qui pouvait tre considre, juste titre, comme le boulevard de leurs possessions d'Oran et de Mers-el-Kbir.
Mais, si les Espagnols renoncrent prendre Mostaganem, ils ne ngligrent pas d'y entretenir, constamment, des intelligences. Ils avaient, leur solde des agents de renseignements, Juifs pour la plupart, et des Moros de paz (Maures de paix) qui venaient, frquemment Oran, pour y vendre des marchandises et apporter des renseignements qui leur taient bien pays.


Ces espions indignes se livraient, l'occasion, au Ter'tis ou enlvement des Musulmans isols qu'ils capturaient et venaient vendre comme esclaves Oran.


Quelquefois, le cad de Mostaganem, lui-mme, fournissait les informations. On voit, en juin 1852, l'auteur de Don Quichotte, Cervants, apporter au roi d'Espagne des lettres du capitaine gnral, contenant des renseignements donns par de cad sur "l'tat de la province, les tribus et les affaires d'Alger.


Malgr ces tribulations, attires par la fertilit su sol, de nombreuses familles maures vinrent d'Espagne se fixer sur le territoire de Mostaganem.


De grandes exploitations agricoles furent entreprises. La culture du coton fut importe avec succs.


Les villes de Mostaganem, de Tigditt et de Mazagran comptaient, vers la fin du XVIIIsicle, une population d'environ 40.000 mes. Elles taient le centre d'un commerce florissant.


Cette situation se prolonge jusqu'au dbut du XIX sicle, poque laquelle toute la rgion est violemment trouble par les difficults, causes la domination turque des beys d'Alger, par le sultan de Fez.
Les Hachems de Sidi-Mahieddine el Moktari, mokaddem des Kadria, les congrgations chrifiennes des Derkaoua et des Tidjania sont en tte du mouvement.

La nouvelle du succs des troupes du marchal de Bourmont, entres le 5 juillet 1830, dans Alger des beys turcs, est peine rpandue dans le pays que l'on apprend l'arrive, Tlemcen, le 17 novembre 1830, du corps expditionnaire de Moulay-Ali, neveu du sultan.


Ses missaires secrets parcourent le Chlif et poussent jusqu' Mda.


Le cad Driss adresse une proclamation aux habitants de Mostaganem et d'Arzew et, la tte d'une partie du "gueich marocain, entreprend la soumission des tribus des Douairs et Smelas qui n'avaient pas encore apport leur "bea au khalifa du sultan.


La prsence, Mers-el-Kbir, du gnral Damrmont, et le mcontentement de certaines tribus de la province, caus par l'emprisonnement de Mustapha ben Ismal, agha des Douairs, amnent le sultan rappeler, Fez, son corps expditionnaire (mars 1831).


Cependant, dans les jardins verdoyants de la guethna de l'oued Hamman, grandissait le fils du mokaddem des Kadrias : Abdelkader ben Mahieddine, celui qui devait, quelques mois plus tard, devenir "Emir al Muminin (commandeur des croyants).


Le pre, rcemment promu la dignit de khalifa du sultan, se sentait trop vieux pour continuer la lutte avec fruit. Une apparition, Sidi-Laradj, vnrable ermite du Saint, l'Unique, le Faucon gris, Abdelkader el Djilanni, fondateur des Kadrias, montra un trne, mergeant d'une foule de siges vides, et destin, aux dires du Saint, El Hadj Abdelkader ould Mahieddine.


Le 21 novembre 1832, au milieu des tribus, rassembles Ersebieh, aux portes de Mascara, il le fait proclamer sultan. Diplomate avis, Abdelkader se contente, pour l'instant, du titre d'mir et de succder son pre comme khalifa du sultan.

Ds sa prise de commandement, le jeune chef devait se heurter de graves difficults : rivalits personnelles, envie et jalousie.

Le turc Ibrahim, entr'autres, s'intitule bey de Mostaganem. Mohamed ben Tahar, ancien ducateur de l'mir, entretient Arzew, des relations avec les chefs franais d'Oran. Dans le Chlif, Si el Aribi, repousse ddaigneusement le hachem de zaoua. Les Angad, avec El-Ghomari, les Ouled Sidi-Cheick, les Tidjania tirent de leur ct.
La tnacit ardente de l'mir triomphe de ces dfections et, ds avril 1833, celui-ci commence harceler les Franais jusque dans les faubourgs d'Oran.

Matre de Tlemcen, le 7 juillet de la mme anne, il dcide de frapper, dans les plaines du Bas-Chlif, Si el Aribi qui lui est encore hostile. Mais, le chef franais d'Oran, le gnral Desmichels le devance et, brusquement, le 28 juillet 1833, se prsente devant Mostaganem. Sans dfiance, le turc Ibrahim, qui, depuis un an, pactise avec les Chrtiens, vient au devant du gnral franais, revtu de ses habits de crmonie et des insignes de sa qualit de bey. A sa grande stupfaction, il se voit trait en suspect par Desmichels. Celui-ci occupe la ville, et place, sance tenante, une garnison franaise dans chacun des forts.

Le lendemain matin, les vagues des cavaliers arabes de l'mir Abdelkader dferlent contre les remparts de Mostaganem, mais, s'tant heurt des forces et une rsistance inattendues, ceux-ci doivent, aprs une journe d'efforts infructueux, battre en retraite.

Abdelkader devait bientt prendre sa revanche. Par son accord du 26 fvrier 1834, avec le gnral Desmichels, ngoci par deux Juifs habiles : Amar-Mardouka et Bacri-Busnach, il obtient le droit d'acheter des armes et des munitions et d'exercer un contrle permanent du commerce du port d'Arzew, dont il fait l'aboutissement des chargements de l'intrieur, au dtriment des ports d'Oran et de Mostaganem.

Vite remis de sa dfaite du ravin de Sikkah, l'mir tient la campagne de Tlemcen Mda et du Chlif la Mitidja. Il signe, le 30 mai 1837, avec Bugeaud, le trait de la Tafna, qui lui attribuait la totalit de la province d'Oran l'exception des villes d'Oran, Arzew, Mostaganem et Mazagran, et une part de la Province d'Alger.

http://img231.imageshack.us/img231/9232/mostamarcheancienqy4.jpg
La nouvelle place du march Mostaganem. Parue dans Le Monde Illustr
(vue prise des abreuvoirs, d'aprs le croquis de M. L. de Nabat)
difficile de reconnatre un coin de Mostaganem dans ce dessin : moulin vent, dromadaire, proximit de la mer ; seule la poterne droite ressemble celle qui jouxtait la porte de Mascara et devant laquelle il y avait bien un march.
Ces gains considrables ne suffisent pas au fils de Mahieddine. Il veut appuyer sa domination la frontire tunisienne. Ses "harkas s'tirent jusque par-del les monts Bibans.

Pendant ce temps, ses lieutenants continuent, dans l'ouest, tenir en haleine les tribus, toujours prtes se soulever. Ces harclements n'pargnent pas le rgion de Mostaganem et le dbut de 1840 voit les 12.000 cavaliers de Mustapha ben Thami chouer devant Mazagran, hroquement dfendue par une poigne de braves, sous le commandement du capitaine Lelivre.

C'est la dernire phase des oprations militaires d'envergure. La prise de la smala de l'mir, prs d'An-Taguin, le 14 mai 1843, la victoire dcisive de Bugeaud, sur les bords de l'Isly, le 14 aot 1844, sur les troupes du lieutenant d'Abdelkader : Moulay-Mohammed, aboutissent la signature du trait de Tanger entre la France et le Sultan (11 septembre 1844).

Mis hors la loi, traqu de toutes parts, l'mir al Muminin, remet, enfin, son pe, le 23 dcembre 1847, au gnral Lamoricire, devant le marabout de Sidi-Brahim.

Le canon se tait : l're de la colonisation est commence.

La proclamation de la Rpublique, le 24 fvrier 1848, amena, sur le plan politique, comme au point de vue administratif, l'assimilation de l'Algrie la Mtropole. De cette poque date sa division en dpartements et arrondissements, la tte desquels furent placs des prfets et des sous-prfets.

Le dcret du 27 juillet rigea Mostaganem en sous-prfecture.

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