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 L'algerie ancienne et moderne + description physique de l'algerie

         
messaid saadane


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: L'algerie ancienne et moderne + description physique de l'algerie    01 2016, 20:31

L'algerie ancienne et moderne + description physique de l'algerie


L'algerie ancienne et moderne + description physique de l'algerie

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EPUIS treize ans nos armes foulent en tout sens le sol de lAlgrie ; depuis treize ans la France essaie son tour dimposer sa civilisation cette contre, qui ne sest jamais appartenue, et qui nanmoins sest toujours montre rebelle aux dominations trangres; depuis treize ans enfin cette conqute et notre occupation soulvent la tribune et parmi les publicistes les plus vives discussions. Nagure encore, malgr nos victoires, on doutait de la conservation de lAlgrie; quand une voix auguste, noble interprte de la volont nationale est venue dissiper ces alarmes Cette terre doit tre dsormais et toujours franaise, a dit le roi aux chambres runies. Mais, se sont cris les esprits inquiets, pourquoi notre droit de conqute na-t-il pas encore obtenu la sanction des cabinets de lEurope ? A ce reproche, la France a montr la Mditerrane purge des pirates et les nations affranchies par ses armes du tribut honteux quelles payaient aux barbares; puis elle a soulev limmense linceul qui recouvre ses milliers denfants ensevelis sur la terre dAfrique ... Voil ses titres de possession qui oserait les lui contester ? Qui pourrait lui en donner de plus authentiques ?
Mais l ne sarrtent pas les rcriminations des dtracteurs de cette grande uvre. Pourquoi, disent-ils encore, aprs treize annes de combats. Sommes-nous si peu avancs? Pourquoi toujours des ennemis vaincre, des insurrections touffer? Pourquoi, aprs tant de sacrifices dhommes et dargent, ne voyons-nous slever sur cette terre arrose de tant de sang aucun tablissement fort et durable?"
Nous entreprenons aujourdhui, pour notre part, de rpondre ces accusations, en publiant lhistoire complte de lAlgrie ancienne et moderne; car, avant la conqute comme depuis loccupation, aucune tude srieuse na t faite sur les dominations qui ont prcd la ntre dans lAfrique occidentale, et cest parce que lon a ignor le pass que lon se laisse si facilement aller accuser le prsent.
Comment les Carthaginois tendirent-ils leur domination dans lAfrique occidentale? Par quel ingnieux systme de colonisation firent-ils concourir les tribus libyennes leur commerce, leurs conqutes ? Comment, leur tour, les Romains semparrent-ils de ces lments organiss pour dtruire Carthage? Comment ces peuples, qui depuis sept cents ans paraissaient faonns la civilisation phnicienne, acceptrent-ils ensuite celle de Rome? Comment, aprs quatre sicles de soumission apparente, les vit-on passer presque sans rsistance sous le joug des Vandales, puis sous celui des Grco Byzantins, et enfin se laisser confondre dans le flot arabe qui leur imposa son langage et ses croyances?






Ce sont toutes ces rvolutions que nous avons entrepris dtudier et que nous essaierons dexpliquer travail difficile, mais fcond en enseignements de plus dun genre, surtout en rapprochements du plus haut intrt; car cette mme terre o la France voit chaque jour se former et grandir de braves soldats, dintrpides capitaines, des gnraux illustres, fut aussi le thtre des mmorables batailles que se livrrent Scipion et Hannibal; cest l que Csar vint cueillir le dernier fleuron qui manquait sa couronne de triomphateur du genre humain; cest l que les factions de Rome, qui se disputaient lempire du monde, vinrent vider leurs grandes querelles; cest l que mourut Caton; cest l que Pompe, Marius et Sylla consolidrent leur gloire. Massinissa, le roi de Constantine, le fidle alli des Romains, ainsi que ses descendants les Micipsa, les Juba, sont les types de ces chefs arabes qui, pris aujourdhui de la supriorit de notre civilisation, se sont sincrement rallis nous. Abd El-Kader, cest Jugurtha, cest Tacfarinas, cest Firmus ; car en Afrique les hommes sont toujours les mmes, les noms seuls ne font que changer; Abd-El-Kader est le successeur de tous ces esprits inquiets et ambitieux qui, diffrentes poques, rvrent une suprmatie nationale et indigne, utopie ~a ralisation de laquelle sopposent toujours le morcellement des tribus africaines, leurs murs gostes et leur caractre envieux.
La priode arabe nous fera assister ce magnifique dploiement de la civilisation dOrient, qui de lAfrique envahit lEspagne, et ne sarrta quaux plaines de Poitiers, grce aux efforts de la France et aux victoires de Charles Martel. Nous suivrons tour tour les Arabes et les Maures dans leurs conqutes intrieures et dans leurs expditions au dehors en Sicile, en Italie, sur les ctes de notre belle Provence, o existent encore tant de traces de leur passage. Puis viendra la priode turque, qui rpandit de nouveau les tnbres sur les institutions sociales de cette partie de lAfrique; poque o lignorance du plus grand nombre tait la condition de puissance pour une minorit ambitieuse, et o la loi du plus fort, devenant la loi suprme, constituait en principe la plus hideuse tyrannie.
Enfin nous arriverons lre, nouvelle que nous ne craignons point dappeler bienfaisante; car lun des peuples les plus civiliss de la terre a pris dfinitivement possession de lAlgrie, non-seulement pour rpandre sur cette contre les lumires qui fcondent la fois le sol et lintelligence, niais avec lespoir aussi que les institutions importes dans ce pays franchiront les limites imposes au territoire que nous occupons, et que, dans un avenir prochain, cette immense cte qui tait face aux rgions europennes pourra se trouver avec celles-ci dans une intimit de rapports que dterminera leur conformit dhabitudes et dides. Nous examinerons avec soin la marche progressive de nos armes, de notre administration, de nos travaux dans cette contre; et de lexprience des faits accomplis nous dduirons les rsultats que lon est en droit desprer pour lavenir.
Dans un livre o domine lhistoire dvnements contemporains, nous avons d nous mettre en garde contre lesprit de parti, et ne rien sacrifier des prventions de personnes ou dopinions. Limpartialit a t notre principal guide; et si parfois nous avons dvers le blme sur les actes du gouvernement ou sur ceux de ses agents, nous avons toujours obi des convictions puises dans ltude approfondie des hommes, des circonstances et des faits.

Nous avons foi dans la bont de notre travail, non-seulement parce que nous lui avons vou une tude suivie et consciencieuse, mais encore parce que nous nous sommes aid, et il ne pouvait en tre autrement, de tout ce qui a t dit et crit de mieux sur le sujet que nous traitions. Pour les temps anciens, Pline, Salluste, Tacite, Procope, nous ont fourni dabondants renseignements, auxquels sont venus se joindre les travaux que les crivains modernes ont consacrs ces mmes poques, MM. Villemain, Dureau de La Malle, Saint-Marc Girardin, DAvezac. M. de Perrodil, que recommandent ses Études piques ainsi quune lgante traduction des posies de saint Grgoire de Naziance, a bien voulu aussi mettre notre disposition un travail historique prpar de longue main sur lAlgrie ancienne. Les historiens espagnols, Marmol, Sandoval, Hado, Conde, nous ont fourni de prcieux matriaux sur la priode arabe, que nous avons complts au moyen des chroniques nationales. Pour la priode turque, les documents ont t plus certains MM. Sander-Rang et Ferdinand Denis, avec leur monographie des Barberousse, si prcise, si exacte, nous ont permis daborder srement cette poque sans contredit la plus intressante des annales dAlger; puis sont venus nous offrir leur concours M. de Rotalier, avec son Histoire de la piraterie des Turcs dans la Mditerrane, et M. Walsin Estherazy, auteur de rcits fort intressants sur la domination turque dans lancienne rgence.








Parvenu enfin lpoque de la conqute de 1830, les journaux, les mmoires, les souvenirs, les ordres du jour des officiers, des gnraux et des gouverneurs, nous ont fourni une abondante moisson de documents. Le lieutenant-gnral Desprez, le capitaine Rozey, le gnral Duvivier, le colonel Lapne, le gnral de lÉtang, le capitaine de Prbois, le baron de Latour du Pin, et surtout le colonel Pellissier avec ses Annales algriennes si pleines de faits, si riches dobservations, ont t nos principaux guides; les publications du gnral Bugeaud ne nous ont pas t moins utiles; puis sont venus les voyageurs, les savants, les conomistes, qui nous ont apport les tributs de leurs recherches MM. Baude, Blanqui, Berbrugger, Aristide Guilbert, Enfantin, sont devenus souvent nos auxiliaires. Mais un ouvrage qui nous a t dune grande utilit, et auquel nous devons une mention toute spciale, cest le Tableau de la situation des tablissements franais dans lAlgrie, publi chaque anne, depuis 1838, par les soins du ministre de la guerre. L se trouvent consigns, non-seulement lhistoire contemporaine de lAfrique franaise, mais un grand nombre de mmoires sur divers sujets se rattachant tous ces possessions. Plusieurs officiers de larme ont pris part ces travaux scientifiques, tandis que dautres, se livrant avec succs la culture des arts, ont fourni lillustrateur de ce livre, M. Raffet, des indications sres qui lui ont permis de donner ses compositions la prcision et la vrit qui en augmentent encore le mrite. M. dEstienne de Lioux, chef de bataillon au 58e, a mis sa disposition son album, riche en costumes et en sites dessins sur place; MM. de Neveu, capitaine dtat-major, et Pourcet, aide de camp du gnral Changarnier, lui ont fourni aussi des croquis et des Renseignements non moins utiles. Quils reoivent donc tous ici, ces hommes dvous, artistes, savants et voyageurs, lexpression de notre vive reconnaissance; car sans leur concours il nous et t impossible de mener bonne fin lentreprise que nous avions conue.
Dans une oeuvre aussi rapide que la ntre, nous avons t souvent obligs, surtout dans la dernire priode, de passer sous silence bien des faits isols, domettre bien des dtails. Pour suppler cette lacune, nous donnons sous forme dappendice la biographie de tous les rgiments qui ont pris part aux travaux et aux conqutes que larme franaise a accomplis en Algrie depuis treize ans. Ce tableau, dune exactitude rigoureuse, relev sur les documents officiels que M. le duc de Dalmatie, ministre de la guerre, a bien voulu faire mettre notre disposition, rpondra toutes les exigences, rparera toutes les omissions, et assignera chacun la juste part qui lui revient.







    
messaid saadane


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VANT dentreprendre le rcit des vnements historiques dont lAfrique septentrionale a t le thtre, avant de drouler cette longue srie de guerres et dinvasions qui ont tant de fois chang la face de ce pays, ruin ses villes, et influ de mille manires sur lexistence de ses habitants, nous allons rapidement esquisser la physionomie de cette contre. Nous gravirons ses montagnes; nous parcourrons ses plaines et ses valles autrefois si fertiles, et qui offrent encore lindustrie moderne de si grandes ressources; nous indiquerons les diffrentes zones de cette riche vgtation africaine, ainsi que les animaux qui sy trouvent:

Nous constaterons enfin les divers phnomnes de climatologie qui sy succdent, les vents qui y rgnent, la chaleur quil y fait, les pluies qui y tombent. Ce tableau succinct, lexcution duquel nous avons fait concourir les documents les plus authentiques recueillis par les voyageurs et les savants de lantiquit et des temps modernes, donnera ds labord une notion exacte de lAfrique septentrionale et dgagera le rcit principal de toutes les descriptions de dtail dont il aurait fallu le surcharger.
Les gographes de lOrient donnaient le nom dle Occidentale (Magrab insula) cet avancement que forment au nord-ouest, au del du 30 de latitude nord, les terres planes de lAfrique septentrionale(1) . Cette manire grandiose denvisager une partie si importante de lAfrique est fonde sur la nature mme du pays: en effet, la projection du continent africain entre la Mditerrane, lOcan atlantique et le grand dsert de Sahara, lui donne au premier coup dil laspect dune vritable le entoure de toutes parts dun ocan deau et de sable.
LAtlas nest pas, comme on le suppose gnralement, et comme lont dit les gographes de lantiquit, un groupe de montagnes isol, sans ramifications, cest au contraire tout un systme de hauteurs qui stend depuis la Mditerrane jusqu lOcan, et qui dtache compltement cette partie septentrionale de lAfrique du reste du continent. LAtlas commence prs des golfes de la grande et de la petite Syrte, do il slve peu peu en vastes plateaux jusqu Tunis. Au nord et au sud, du ct des plaines unies de Sahara, il se dgrade en plusieurs chanes de montagnes basses, mais trs escarpes. A louest, il se prcipite dans le pays de Maroc, jusque dans lOcan atlantique, et forme, en sabaissant, des plaines montueuses, des ctes garnies de rochers et un grand nombre dcueils qui rendent si prilleux les rivages de la Mditerrane, depuis Agadir jusquau dtroit de Gibraltar. Mais une circonstance bien remarquable et qui doit augmenter lintrt quoffrent ces premires tudes de la nature africaine, cest que cette vaste chane de lAtlas se trouve intimement lie au systme gologique de notre continent. Les beaux travaux hydrographiques de Smith ont dmontr quentre le cap Blanc de Bizerte et la Sicile, une suite de montagnes sous-marines, trahies par plusieurs rcifs, unissent le royaume de Tunis la Sicile, tandis que les sondages excuts dans le dtroit de Gibraltar ont pleinement constat que si ce canal pouvait tre mis a sec, on verrait les chanes de lAtlas se rattacher par toute leur structure celles de la pninsule ibrique: de telle sorte quil est permis davancer que, dans les Ages anthistoriques, lEurope et lAfrique ne formaient quun seul et mme continent.
Dans lune et dans lautre, des ravins profonds, de riches valles et de beaux pturages se dessinent sur le versant des montagnes; on remarque, au del comme en de de la Mditerrane, la mme disposition du sol, qui slve graduellement en plateaux superposs au-dessus du niveau de la cte; dans les deux pays, lencaissement de la plupart des rivires entre de hautes berges et le desschement priodique de leurs eaux, offrent de nouveaux traits de ressemblance non moins caractristiques; nous mentionnerons encore ce fait constat par des gographes clbres, cest que la hauteur des cnes les plus levs de lAtlas correspond parfaitement aux montagnes neigeuses de la Sierra Nevada, situes vis--vis dans lAndalousie et le royaume de Grenade: les deux systmes ne diffrent que dans leurs dpressions. Le plateau dEspagne a sa principale pente dans les vastes plaines de louest vers lOcan atlantique; du ct de la Mditerrane elle est beaucoup moins prolonge et plus escarpe. En Barbarie, au contraire, les grandes plaines de la principale dpression du plateau se dirigent, lest, vers la Mditerrane; celles qui vont joindre lOcan sont beaucoup plus abruptes.
(1) (Ainsi que le fait remarquer Malte-Brun, dans sa savante Histoire de la Gographie, lAfrique tait fort mal apprcie des Grecs et des Romains. Homre connaissait la Libye, " pays, dit-il, o les agneaux naissent avec des cornes, ou les brebis mettent bas trois fois par an (Odysse, liv. IV) Il est impossible de tirer du texte dHrodote un ensemble clair et prcis de ses ides sur lAfrique occidentale. La description de cette partie de lAfrique, chez Strabon, prouve bien que les connaissances de son temps atteignirent peine les bords du Niger. Il dit, il affirme, il rpte que lAfrique se termine par des dserts, soit quon suive les ctes sur lOcan, soit quon pntre vers lintrieur, et que les Romains en possdent peu prs toutes les parties qui ne sont pas dsertes ou inhabitables. Les Romains, du temps de Pline, ne connaissaient que le tiers de lAfrique, et le savant naturaliste lui-mme possde des notions si imparfaites sur cette partie du monde, quil place les sources du Nil dans les montagnes de la Mauritanie. Dans un ouvrage aussi concis que cette histoire, nous avons d mettre de ct toutes ces fables, toutes ces assertions hasardes, pour arriver de suite aux gographes et aux voyageurs modernes, dont les travaux positifs sont labri de toute critique. Pour dautres parties, la gographie ancienne nous offrira des documents irrcusables.).

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La couleur de la peau ny change rien. Ce qui est bon et juste pour lun,
est bon et juste pour lautre, et Dieu a fait de tous les Hommes des frres.

    
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: : L'algerie ancienne et moderne + description physique de l'algerie    01 2016, 20:32

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A physionomie gnrale des ctes de lAfrique septentrionale, depuis le dtroit de Gibraltar jusquau cap Blanc de Bizerte et au cap Bon de Tunis, o se forme le bassin occidental de la Mditerrane, et o commence la grande chancrure des Syrtes, est assez uniforme: les derniers mamelons de lAtlas y finissent en nombreux promontoires, spars par des baies peu profondes. La terre na point de saillies trs considrables dans la mer; la mer ne dcoupe pas largement la terre, et les fleuves y sont trop faibles pour souvrir de vastes embouchures.

Tel est laspect des ctes : leur tendue, depuis Tabarque, vers lest, jusqu Miliana, vers louest, prsente un dveloppement de 250 lieues de 25 au degr. Les ports quon trouve sur cette cte sont nombreux, mais peu considrables, comme il arrive partout o les valles sont courtes et encaisses. Les golfes de Bougie, de Koll ou Collo, de Stora, de Bne, dArzeu, dAreschgoun (Rashgoum), offrent la navigation dexcellents abris, des rades sres et spacieuses; mais le meilleur de tous les mouillages est sans contredit celui dOran, appel par les Latins Portus Magnus, et par les Arabes Mers El-Kbir, ou le grand port. A Alger, position militaire et maritime la plus dcisive de toute la cte, la nature a t moins gnreuse, et il faudra excuter, comme nous le verrons plus tard, de grands travaux pour donner son port toute ltendue que rclame la destination de cette place. Maintenant que nous connaissons le littoral, pntrons dans lintrieur des terres ; et tout dabord reconnaissons limmense chane de montagnes qui constitue le caractre principal de cette contre.

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HEZ les anciens, le Mont Atlas tait un hros mtamorphos en pierre; ses membres robustes taient devenus autant de rochers; il portait lOlympe entier avec toutes ses toiles, et ne succombait point sous un tel fardeau; sa tte, couronne dune fort de pins, tait toujours ceinte de nuages ou battue des vents et des orages; un manteau de neiges couvrait ses paules, et de rapides torrents coulaient de sa barbe antique (Dans les ides populaires de la gographie ancienne, lAtlas tait la fois la colonne sur laquelle reposait le ciel, et la borne o finissait le monde. LAtlas tait dpeint par les gographes de lantiquit comme un sanctuaire impntrable, plein de dsordres, de mystres et dhorreurs).
Cette personnification majestueuse et potique de lune des plus remarquables montagnes de lancien monde est en partie justifie par le peu de largeur que prsentent les bases du haut Atlas. Cette chane, vue de profil, ainsi que le fait observer M. de Humboldt, apparaissait aux anciens navigateurs comme une colonne arienne isole, supportant la vote du ciel: de cette configuration la tradition mythologique, il ny avait quun pas; aussi sest-elle conserve intacte de gnration en gnration jusqu nous. Un fait incontestable, cest quaucun voyageur, pas mme les caravanes les plus lentes, ne mettent plus de trois jours pour se transporter des plaines du nord-est celles du sud-est.
Dans le systme atlantique sont comprises toutes les montagnes qui bordent lOcan et la Mditerrane, depuis celles appeles Montagnes Noires, prs du cap Bojador, jusquau dsert de Barch. Ce que lon nomme proprement Atlas, est un groupe de plusieurs chanes parallles qui reoivent diffrents noms des gographes. Le Grand Atlas borde lempire de Maroc; le Petit Atlas commence Tanger, prs du dtroit de Gibraltar, et se prolonge jusquau golfe de Sidre. On y remarque les monts Gharian ; plusieurs rameaux sen dtachent sous les noms de monts Haroudj, que les Arabes distinguent en Haroudj-el-Aouad ou Haroudj noir, et en Haroudj-el-Abiad ou Haroudj blanc; dautres rameaux portent les noms de monts Tiggerendoumma, Tibesty, Hafath, ce sont ceux qui vont se terminer dans les dserts de Libye et de Sahara. La troisime chane de lAtlas est celle des monts Ammer, dans lAlgrie, qui joint le Grand et le Petit Atlas aux Montagnes Noires, et dont les rameaux circonscrivent le Fezzan . Cest dans lempire de Maroc, principalement lest de la ville de Maroc et au sud-est de celle de Fez, que lAtlas atteint sa plus grande hauteur; cest l aussi que se trouvent concentres les neiges ternelles. Puis, mesure quil savance vers lest, lAtlas se dgrade proportionnellement, de telle sorte que les sommets qui se trouvent sur le territoire algrien sont plus levs que ceux de Tunis, et que ces derniers dpassent, leur tour, les pics de la rgence de Tripoli. Quoiquon nait pas encore fait des relevs rigoureusement exacts de ces divers sommets, on peut nanmoins tablir que les points culminants du Grand Atlas, dans lempire de Maroc, ne slvent pas au-dessus de 4 000 mtres, et que ceux dAlger ne vont pas au-del de 3,000.
Dans lAlgrie, lAtlas se prolonge paralllement la cte, et traverse cette province dans toute sa longueur. A son point culminant, il se droule ou plutt il spanouit en une vaste chane, dont la masse complexe, imposante, spare le territoire dAlger proprement dit du Sahara et le protge contre linfluence des vents du dsert. Puis vers le nord, au-del des plateaux adosss cet immense rempart, comme une suite de terrasses, une seconde chane, sous le nom de Petit Atlas, stend paralllement lautre, de lest louest, en suivant le littoral dans toute sa longueur. Celle-ci est le point de dpart dune multitude de ramifications qui se rattachent la grande ligne du Sahara, ou savancent abruptement dans la direction de la Mditerrane, et quelquefois jusque sur la cte.
Plusieurs dfils dune physionomie pittoresque et sauvage se dessinent entre les chanons multiplis de lAtlas; les Turcs les appelaient Demir-Capy (Portes de Fer). Ce sont, en effet, de formidables portes, toutes tailles pour les besoins de la guerre, et dont quelques hommes peuvent facilement dfendre laccs. Le plus occidental de ces cols, dans le grand Atlas, est celui qui a reu le nom de Bab-el-Soudan (Porte du Sultan). Les plus remarquables de lAlgrie sont les Bibans et le Teniah de Mouzaa, tous les deux franchis par larme franaise sous les ordres du duc dOrlans, L o lcartement des montagnes a laiss de plus grands intervalles, se dveloppent de fraches valles et de vastes plaines lest dAlger, on cite les plaines de Constantine et celle de Bne, connue sous le nom de la Boujimah; louest, les bassins du Chlif, de lHabrah, donnent la plus haute ide de la fcondit de cette partie de lAfrique. Dans les environs de Mostaganem, de Mazagran, dArzew, de Mascara, de Tlemcen, de La Calle, il y a aussi bon nombre de valles susceptibles dune riche culture; enfin, quelques lieues de la capitale se trouve la Mitidja, la plus vaste et la plus belle

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A constitution gognostique du Grand Atlas est peine indique par les voyageurs europens qui ont franchi cette ligne de montagnes; nous savons seulement quil est form dune roche de quartz et de mica, appele gneiss; quon distingue au-dessous de celle-ci un calcaire de sdiment infrieur, et que les couches du calcaire, primitivement horizontales, sont devenues presque perpendiculaires, par la puissance dun soulvement dont il est impossible dassigner lpoque. Des roches quartzeuses, le grs, et un calcaire grossier ferrugineux, parsem en beaucoup dendroits de corps organiss et de ptrifications de toute espce, paraissent constituer la plupart des collines qui se ramifient entre le grand et le petit Atlas. Les collines par lesquelles lAtlas se termine dans le dsert de Barch, sont des masses calcaires blanches; lHaroudj blanc est de ce nombre. Quant lHaroudj noir, peut-tre son noyau est-il calcaire, mais il noffre que des mamelons de basalte, ainsi que la observ Hermann; on croit que cest le mont Ater des anciens.
Le sous-sol des plaines est gnralement argileux ou calcaire Alger, siliceux Bne, et calcaire ou schisteux Oran. Le sol de la Mitidja est entirement form par un terrain dalluvion. Ce sont des couches horizontales de marnes argileuses et gristres et de dbris pierreux de diffrentes natures. On a encore observ que lHarrach roule des marbres blancs et veins, des grs, des spaths calcaires, des pierres ferrugineuses, des stalactites et des morceaux de fer, et que des troncs et des feuilles de plantes ont laiss trs distinctement leur empreinte diversifie sur ces nombreuses substances. Dans les plaines dOran, lhumus est beaucoup moins abondant que dans la Mitidja, et ne dpasse gure une paisseur moyenne de sept pouces. Cest en quelques endroits une marne jaune, et ailleurs une argile rouge ou blanche. Quant la terre vgtale des plaines de Bne, elle se recommande par sa profondeur et son excellente qualit.
Les Romains avaient dcouvert des mines de toute espce dans leur province dAfrique; ils faisaient surtout un trs grand cas des marbres de la Numidie, qui taient dun beau jaune uni, ou tachet de diverses couleurs. Depuis, en traversant dix sicles de vicissitudes, la connaissance de ces exploitations sest entirement perdue; et le gouvernement algrien, avec son insouciance ordinaire, na voulu prendre aucune mesure ni tolrer aucune tentative qui aurait eu pour objet den retrouver les traces. Les preuves de lexistence de ces trsors souterrains ne sen montrent pas moins partout nu sur les flancs ravins des montagnes. Les calcaires gris et noirs quon voit alterner avec les marnes schisteuses et le phyllade, et les schistes talqueux du Petit-Atlas et du massif dAlger, ont fourni ou pourraient donner des grs, du marbre blanc, de lardoise, et des terres pour la fabrication des tuiles, des briques, etc. Dans les valles de lArb et de lOued-el-Akhra, on a trouv plusieurs carrires de gypse ou de pierre pltre; et plus loin, dans les gorges de lAtlas, de trs beaux marbres statuaires, de lalbtre, de locre jaune, de la terre de pipe et du blanc dEspagne. Le calcaire tertiaire dOran a t employ de tout temps aux constructions de la ville. Trois gros bancs en pleine exploitation, dans la carrire de Saint-Andr, donnent de trs belles pierres de taille.

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Suite: Description physique de l'algerie

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E fer abonde dans toute lAlgrie. De Tabarque jusquau del de Bne, dit labb Poiret, le fer se prsente sous toutes sortes de formes; il est ml la terre glaise, quil colore fortement en rouge, largile quil teint en jaune trs brun, au sable quil noircit. Dans les ravins il dpose un ocre pulvrulent dun rouge de sang: les fissures des grs sont remplies dune substance noire ferrugineuse, et les pierres en sont incrustes. Dans les montagnes des environs de Bougie, les Kabyles exploitent depuis longtemps des mines de fer, dont les produits leur servent fabriquer des canons de fusil, des instruments aratoires et dautres ustensiles. Ils tirent aussi de ce sol montueux du minerai de plomb pour les usages de la guerre et de la chasse. A cinq ou six lieues de Mascara, dans les montagnes de la Tescha, il existe une mine de cuivre presque fleur de terre. La direction du filon va de lest louest, et, en plusieurs endroits, elle se rapproche tellement de la surface du sol, quelle lui communique une teinte verdtre.

Les assertions de Pline sur lexistence de lor et des diamants dans le nord de l'Afrique longtemps considres comme errones, ont t vrifis depuis la conqute franaise. On a recueilli des diamants Constantine parmi les sables aurifres de lOued-el-Rami, ou rivire de sable; et le nom de lOued-el-Dzchel (rivire de lor), qui forme par sa jonction avec lOued-el-Raml, le Sou-el-Gemar ou rivire de Constantine, dit assez que les eaux de ce fleuve roulent des parcelles dor. Des indices analogues attestent sur dautres points la prsence des mines dargent. Les pierres prcieuses que lon rencontre le plus frquemment dans lAtlas, sont : les grenats, les calcdoines, et les cristaux de quartz.

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: : L'algerie ancienne et moderne + description physique de l'algerie    01 2016, 20:35

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ES sources sont trs nombreuses sur le versant des montagnes et au milieu des collines qui accidentent le territoire algrien : les unes se prcipitent avec fracas de rocher en rocher; les autres roulent lentement leurs eaux dans la plaine. Du mois de novembre au mois de mai, les torrents et les rivires, enfls par les pluies, grossissent rapidement, souvent mme ils dbordent; mais insensiblement, quand viennent les grandes chaleurs, ils diminuent, et bientt dans leurs lits il ne reste plus quune grve peine humecte par un imperceptible courant. Soit que lAtlas se trouve trop rapproch de la mer, soit que ses versants aient t dboiss, soit que les rayons du soleil desschent trop rapidement la terre, toujours est-il quil ny a dans lAlgrie aucun cours deau suffisant pour entretenir un systme rgulier de navigation intrieure; ils peuvent tout au plus subvenir aux besoins de lirrigation agricole.

De tous les cours deau du territoire dAlger, proprement dit, un seul, lOued-el-Kerma, a son origine dans le massif qui entoure cette ville. LHarrach, la Chiffa, lOued-Boufarik, lOued-Jer et lHamise prennent leur source dans les montagnes du Petit-Atlas. LHarrach, malgr le peu de largeur de son lit, est un des cours deau les plus importants de cette portion de lAlgrie; il coule, en serpentant, dans la belle plaine de Mitidja, et ne devient profond quau moment des grandes pluies. Pendant les autres poques de lanne, on le traverse gu presque partout. La Chiffa sillonne aussi la plaine de Mitidja. Cette rivire reoit successivement lOued-el-Kebir et lOued-Jer; elle prend alors le nom de Mazafran, et se dirige vers le nord-ouest o elle se runit encore lOued-Boufarik; puis elle contourne le massif dAlger, perce les collines du Sahel, et se jette dans la mer deux lieues de Sidi-Ferroudj. Le cours du Mazafran est assez rapide; mais quoiquen certains endroits son lit prsente 400 mtres de large, et ses berges 40 mtres de hauteur, ses eaux sont peu profondes.
Les principales rivires de la province dOran sont lOued-el-Maylah, nomm aussi Rio-Salado, lHabrah, lOued-Hammam, la Tafna et le Chlif ; la plupart de ces cours deau descendent des gorges de lAtlas. La Tafna, qui a donn son nom au trait conclu entre le gnral Bugeaud et Abd-El-Kader, est une des grandes rivires de la province dOran. Aprs un cours denviron 30 lieues pendant lequel elle est grossie par la Sickack et plusieurs autres affluents, elle se jette dans la mer, lextrmit orientale du golfe de Harchgoun LOued-el-Maylah, la rivire sale, le Salsum flumen des Romains, dont le cours a t peu explor, justifie son nom par la qualit de ses eaux, et se jette la mer non loin du cap Figalo; lHabrah, runie lOued-el-hammam et la Sig, forme prs dArzew une espce de marais qui se dcharge dans la mer. Au del, vers lest, coule le Cheliff, le fleuve le plus remarquable de toute lAlgrie par le volume de ses eaux et la longueur de son cours. Il prend sa source dans le Sahara, au sud de la province de Titterie, traverse le lac Dya, dcrit une ligne de 80 100 lieues, de lest louest, sans jamais tre obstru par les sables, et vient se jeter dans la Mditerrane six milles au-dessous de Mostaganem. La valle quil parcourt est aujourdhui la plus belle partie des provinces de Titterie et dOran. Les autres cours deau de cette province ne sont que des ruisseaux sans importance, qui se jettent dans la Sebkha (lac sal dOran), ou se perdent dans les sables.
De nombreux cours deau sillonnent aussi la province de Constantine; les plus remarquables sont: la Soummam, lOued-el-Kebir, lOued-Zefzag, la Seybouse, lOued-Boujimah et le Maffragg. La Soummam, appele aussi Oued-Adouze et Nazabah, coule du sud-ouest au nord-est. On la trace ordinairement comme prenant sa source dans la province de Titterie, traversant la chane du Jurjura, et se terminant la mer, dans le golfe de Bougie, au-dessous du cap Carbon. De ce point, en nous avanant vers lest, nous rencontrons lOued-el-Kebir (le grand fleuve), le cours deau le plus important de cette province. Il prend sa source dans la chane du Grand-Atlas, plus de cinq journes de marche de Constantine. LOued-el-Kebir, appel aussi Oued-Rummel dans la partie suprieure de son cours, coule du nord au sud sur un plateau lev, perce plusieurs contreforts du Petit-Atlas, tourne autour des murs de Constantine, et dverse ses eaux dans la mer entre Djidjelli et le cap Boujarone. Aprs avoir franchi lOued-Zhoure et lOued-Zeamah, nous nous trouvons sur les rives du Zefzaf, qui prend sa source sur le versant nord-est du Djebel-el-Ouache, et se rend, par un cours denviron douze lieues, dans le golfe de Stora auprs de Skikida. En savanant encore vers lest, on rencontre la Seybouse, dont le cours accident embrasse une tendue de 40 lieues; forme par la runion de lOued-Zenati et de lOued-Alligah, ses eaux sont trs profondes dans la vaste pleine quelle parcourt, et son embouchure dans le golfe de Bne, elle reoit les petits navires de cabotage; les sandales peuvent mme remonter son cours, jusqu une assez grande distance de la mer.
Le versant mridional de lAtlas algrien, gnralement plus aride que le versant du nord, et offrant aux eaux beaucoup moins douvertures, produit cependant deux fleuves considrables : le Medjerdah (le Bagrada des Romains), qui appartient la rgence de Tunis plutt qu lAlgrie; et lOued-el-Gedy, (rivire du Chevreau), qui, courant lest, allait autrefois, sous le nom de Triton, se jeter dans le golfe de la petite Syrte (golfe de Cabs); il se perd aujourdhui dans le lac de Melgig lextrmit mridionale de la province de Constantine.
Il existe sur le territoire algrien plusieurs lacs ou marais, dont la constitution nest pas sans intrt: la plupart sont sals ou saumtres; ils semplissent durant la saison des pluies, et se desschent en t. Au sud de Constantine on trouve le Chott, vaste marais fangeux, o croupissent des eaux saumtres pendant les saisons pluvieuses. La Sebkha dOran est une norme masse deau qui a 2 000 mtres de large, et quon voit stendre, du ct de louest, perte de vue, comme un bras de mer. Cependant, lvaporation est si active pendant les chaleurs de lt, quau mois de juillet les chevaux et les chameaux des Arabes passent dune rive lautre presque pied sec. Dans la plaine de la Mitidja, aux environs dAlger, Bne, Arzew, il existe plusieurs lacs de cette espce, moins importants, il est vrai, mais soumis aux mmes lois. La qualit saline de ces lacs se reproduit dans un nombre trs considrable de sources, au point que, suivant la remarque de Desfontaines, les eaux sales seraient beaucoup plus abondantes en Algrie que les eaux douces; aussi, le nom Oued-el-Maleh (ruisseau de sel) se reproduit-il frquemment dans la nomenclature topographique des Arabes. Les eaux thermales ny sont pas moins rpandues: plusieurs de ces sources ne sont que tides, la vrit, mais il en est qui slvent une haute temprature, comme celles de Hammam-Meskoutyn et de Hammam-Merigh qui atteignent 76 Raumur.
Cette abondance deaux salines et minrales, qui annonce une formation volcanique intrieure, ne doit pas cependant faire conclure que le territoire dAlger soit dpourvu deaux douces et fraches. Il suffit, pour en trouver, de creuser trs peu de profondeur ; souvent mme on lobtient jaillissante comme dans nos puits artsiens. Les Erouagh, tribus qui occupent lextrmit mridionale de la rgence, pratiquent avec succs, depuis un temps immmorial, le procd du forage, dans le but de procurer, disent-ils, une issue leau douce du Bahr-that-el-Erdh. (de la mer souterraine), et ils russissent presque toujours. On rencontre ordinairement leau douce quatre ou cinq mtres de profondeur, mais jamais les sondages ne dpassent quatre-vingt mtres.

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La couleur de la peau ny change rien. Ce qui est bon et juste pour lun,
est bon et juste pour lautre, et Dieu a fait de tous les Hommes des frres.

    
messaid saadane


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: 25/07/2016

: : L'algerie ancienne et moderne + description physique de l'algerie    01 2016, 20:36

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E mouvement des saisons et la succession des accidents atmosphriques ne se manifestent point, en Algrie, par les effets extrmes qui, dans dautres parties du monde, rapprochent et confondent mme quelquefois les phnomnes mtorologiques les plus opposs; la temprature ny est pas trop chaude en t, ni trop froide en hiver, et les transitions par lesquelles elle passe dun tat un autre, aux poques de ses plus grandes rvolutions, y sont presque insensibles. En gnral, le ciel y est dune admirable puret, et lair extrmement sain (En 1837, la direction du port dAlger a constat 233 jours de beau temps, et 270 en 1839). Si, en quelques endroits, des manations dangereuses slvent des eaux croupissantes, cela tient des causes purement locales, et que lart doit bientt faire disparatre. Les lgers brouillards quon voit se former aprs le lever du soleil ne tardent pas se dissiper sur les hauteurs du massif, et quoiquils persistent plus longtemps dans la plaine, il nen rsulte aucun inconvnient. Les maladies endmiques sont inconnues Alger, et on remarque, comme une preuve des qualits hyginiques de lair, que, dans le dispensaire public, la dure moyenne des traitements nexcde pas vingt-deux jours.
La temprature est on ne peut plus agrable Alger, dit le capitaine Rozet, pendant une grande partie de lanne. Quand vient lt, la chaleur est trs vive, sans doute, mais nest point accablante, et ltranger saccoutume facilement la supporter. Un grand nombre de plantes de lEurope tempre, et mme des environs de Paris, vivent dans cette atmosphre, qui, presque toujours chaude et jamais brillante, favorise extraordinairement la croissance des productions naturelles du sol .
La saison pluvieuse, frquemment interrompue par de beaux jours, se prolonge pendant six mois, de novembre mai. Les pluies, qui, aux autres poques de lanne, ne durent gure plus dune heure ou deux, sont alors continues et trs abondantes. Presque toujours, ce sont des vapeurs marines que le vent du nord enlve la surface de la Mditerrane et pousse dans la direction du sud. Les vapeurs, au moment o elles approchent des confins du dsert, sont tout coup arrtes par la grande muraille de lAtlas et refoules sur les terres du littoral; l, par le merveilleux travail de la nature, elles se rsolvent et tombent en eaux fcondantes.
Les nuits les plus froides des mois de dcembre et de janvier amnent quelquefois des geles blanches. Comme les orages sont trs rares, il tombe peu de grle; et la neige est un incident mtorologique qui survient peine une ou deux fois dans le cours de lanne. Plus frquente dans les montagnes du Petit-Atlas que dans la plaine, elle sy fond ordinairement avant lexpiration du mois dans lequel elle est tombe.
Mais lAlgrie a un avantage que nont pas beaucoup dautres contres mridionales; quand les pluies cessent ou deviennent rares, lhumidit continue de temprer, sous dautres formes, laction trop vive de la chaleur. Pendant le jour, une vapeur aqueuse, rpandue dans latmosphre, humecte tous les corps; et, une demi-heure aprs le coucher du soleil, les roses commencent tomber avec une si grande abondance, quelles pntrent la tente du soldat, et rafrachissent les campagnes presque autant quune pluie dorage.
Sur toute la cte, comme dans le port dAlger, les vents du nord et du nord-ouest rgnent depuis le mois de novembre jusquau mois davril; ils font baisser le thermomtre, amnent les pluies et dterminent les temptes, dont on a cependant trop exagr les dangers. Les vents du sud et du sud-ouest sont moins frquents, et ceux de louest plus rares encore; ces trois derniers font monter le thermomtre, et rassrnent presque toujours le ciel.
Le vent du dsert, le simoun des Arabes, fait quelquefois sentir sa funeste influence dans le nord de lAfrique. Il s'annonce a Alger par une espce de brouillard qui se montre sur le Petit-Atlas; la chaleur devient alors insupportable, et le vent ne tarde pas arriver. Les hommes et les animaux, affaiblis, et pouvant peine respirer, sont obligs de chercher un abri; partout latmosphre est embrase, et si la dure de ce phnomne, ou du moins sa plus grande intensit, ntait pas borne quelques heures, il deviendrait ncessairement la source de grands dsastres.
Le climat est sain dans les environs dOran; il est chaud, mais les chaleurs ny sont point insupportables, cause des brises priodiques qui y rgnent pendant lt. Les principes qui dveloppent ailleurs des fivres intermittentes souvent mortelles, nexistent point dans cette province; cependant les changements subits de temprature, et lusage immodr des fruits et des boissons, produisent, si lon nuse de quelques prcautions, des maladies dangereuses. Les vents rgnants sont le nord-ouest et le nord-est ; ce sont les plus dangereux. Les coups de vent se font surtout sentir en hiver ; lt, il rgne de trs longs calmes, qui ne sont interrompus que par quelques heures de brise, venant du large pendant le jour, et de terre pendant la nuit. Le simoun ou khamsin y est trs rare.
La province de Constantine, par sa configuration mme, prsente sur plusieurs points, quelquefois peu distants les uns des autres, les tempratures les plus opposes; cest ainsi que le plateau de Constantine a quelquefois des neiges au mois de mai, tandis qu Bne il rgne dj une chaleur de 25. Les vents y soufflent gnralement du nord et du nord-est; except lpoque des deux quinoxes, o, passant subitement au sud-ouest et au nord-ouest, ils amnent de fortes rafales, de la brume, des temps nuageux et de grandes pluies. Cest surtout en automne que ces intempries ont le plus de dure; elles se prolongent quelquefois depuis les derniers jours de septembre jusqu la fin de dcembre. Les trois mois dhiver y sont gnralement secs, et amnent presque toujours un beau printemps.
Sous le climat de Bne, des nuits humides succdent des journes brlantes laiguille de lhygromtre, qui pendant le jour est lextrme scheresse, savance rapidement vers le soir lextrme humidit, et arrive pour ainsi dire son maximum vers onze heures du soir, par une temprature de en t (On a calcul quil y avait Bne, dans une anne, cent quatre jours pluvieux. Avant la stagnation des eaux de la Boujimah, la salubrit de Bne tait proverbiale, cest l que de lintrieur de lAfrique on venait chercher la sant, comme en France on se rend Hyres; Il sera facile de rendre cette ville ses conditions premires, en ouvrant une issue aux eaux de la Boujimah. Rapport sur la colonisation dAlger).

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