..



 
.

 | 
 

 Histoire Mostaganem par des Pieds Noirs

         
yasmine27




: 785
:
:
: 1706
: 4
: 09/03/2010

: Histoire Mostaganem par des Pieds Noirs    06 2011, 12:54

Les Romains connaissaient un port de Murustaga qui tait vraisemblablement situ dans les environs de la ville actuelle. Sous le rgne de lEmpereur Gallien, lAfrique septentrionale fut dsole par deffroyables tremblements de terre. Presque toutes les villes du littoral furent submerges et des sources deau sale jaillirent en beaucoup dendroits.

Peut-tre faut-il attribuer ces catastrophes laspect abrupt de la cte de Mostaganem, qui, effectivement semble conserver les traces dun bouleversement. Quoi quil en ft, partir de cette poque, il nest plus question du port de Murustaga qui a d, alors, tre englouti par la mer avec une partie du rivage.

Les gographes arabes font mention de Mostaganem, petite ville, situe dans le fond dun golfe, entoure de murailles, avec des bazars, des bains, des jardins, des moulins eau, mais ils ne disent rien de prcis quant la fondation de cette cit. On attribue Youssef ben Tachefin, lAlmoravide, la fondation de Bordj el Mehal, lancienne citadelle de Mostaganem, aujourdhui convertie en prison. Youssef rgna de 1061 1106.

Mostaganem tomba au pouvoir des Mrinides en 1200. Lun deux, Abou-Einan, fit construire la mosque en 1342. Il est remarquer que, depuis lexpulsion des Morisques dEspagne, jusqu la fin du XVIII sicle (?) Mostaganem fut, aprs Tlemcen, la ville la plus importante du Beylick de lOuest. Son histoire est intimement lie celle des luttes qui mirent aux prises les Turcs dAlger et les Espagnols dOran.

Mostaganem, en effet, de par sa situation gographique, fut toujours une base dattaque contre Oran pour un ennemi venant de lEst, et une base doprations contre Alger pour un agresseur parti de louest. La ville passe, en 1516, sous la domination des Turcs. Elle fut alors agrandie et fortifie par Kheir ed Din.

En 1551, Mohamed el Haran, fils du Chrif Mohamed el Mehdi, sultan du Maroc, sempare de Mostaganem, do il poursuit sa marche sur Alger. Mais, il est arrt, sur les bords du Chelif, par Hasan Corso qui le bat et reprend la ville. Cinq ans plus tard, en 1556, le mme Hasan Corso, marchant sur Oran, concentre ses forces Mostaganem, o sa flotte dbarque artillerie, vivres et munitions.

En 1563, Hasan Pacha, prparant le fameux sige de Mers-el-Kbir, fait, galement, de Mostaganem, sa base dattaque et y runit ses forces de terre et de mer.

En 1568, Euldj Ali, se disposant mettre le sige devant Oran et faire ensuite une descente en Espagne, pour seconder une rbellion des Morisques qui sy prparait, dirigea une arme de 14.000 mousquetaires et de 60.000 auxilliaires indignes sur Mazagran et Mostaganem, o il avait envoy davance du canon et 14.000 chameaux, chargs de poudre.

Il suffit de ces quelques exemples pour expliquer les trois tentatives que fit le comte dAlcaudte pour semparer de Mostaganem. Bien quaprs sa mort, les Espagnols naient plus paru disposs une entreprise srieuse contre cette place, les Turcs et les Maures restrent toujours sur leurs gardes, dans la crainte de quelque coup de main.

En 1589, un soldat du chteau de Santa-Cruz dserta et se rendit auprs du gouverneur de Tlemcen, le cad Ali, auquel il annona, pour se faire bien accueillir comme porteur dune nouvelle dimportance, que le gouverneur dOran faisait des prparatifs, pour aller, sous peu de jours, emporter Mostaganem par escalade.

Le cad envoya aussitt, de la garnison de Tlemcen, 120 janissaires et prit dans le chteau de Mascara tous les Turcs quil put trouver. Il arriva, Mostaganem, le 7 mars 1589 et y runit tous les gens de guerre des bourgs et des campagnes. Ceux-ci restrent de garde dans la ville et ne saperurent quau bout de 17 jours quils avaient t mystifis.

Quand Oran, tombe au pouvoir des Turcs, en 1708, eut t reprise, en 1732, par les Espagnols, Mostaganem fut le sige du vilayet, successivement, sous les Beys Bou-Chalaram, Youssef, Mustapha-l-Ahmar. Elle fut, dans le mme temps, un centre intellectuel hautement estim. Une tradition veut qu certaines poques, quand le vent soufflait de Mostaganem, les habitants de Mascara gravissant avec leurs enfants, lune des montagnes dominant leur cit, plaaient leur progniture, le visage tourn vers Mostaganem, pour leur faire respirer, avec ce souffle bni, les manations de la science et de la vertu dont la ville tait le sjour

Lors de lexpdition dOReilly contre Alger, en 1775, alors que les beys de lEst et du Titteri avaient amen tous leurs contingents pour combattre les Espagnols, le bey de lOuest, Ibrahim, resta en observation auprs de Mostaganem, que lon craignait de voir enleve par les gens dOran. Seul, son khalifa, la tte de 4.000 cavaliers de Douairs vint renforcer, sous les murs dAlger, la mahalla du Khazbadji.

Il est surprenant, dans ces conditions, que les Espagnols, depuis Alcaudte, naient plus fait defforts pour conqurir une place qui pouvait tre considre, juste titre, comme le boulevard de leurs possessions dOran et de Mers-el-Kbir.

Mais, si les Espagnols renoncrent prendre Mostaganem, ils ne ngligrent pas dy entretenir, constamment, des intelligences. Ils avaient, leur solde des agents de renseignements, Juifs pour la plupart, et des Moros de paz (Maures de paix) qui venaient, frquemment Oran, pour y vendre des marchandises et apporter des renseignements qui leur taient bien pays.

Ces espions indignes se livraient, loccasion, au Tertis ou enlvement des Musulmans isols quils capturaient et venaient vendre comme esclaves Oran.

Quelquefois, le cad de Mostaganem, lui-mme, fournissait les informations. On voit, en juin 1852, lauteur de Don Quichotte, Cervants, apporter au roi dEspagne des lettres du capitaine gnral, contenant des renseignements donns par de cad sur "ltat de la province, les tribus et les affaires dAlger.

Malgr ces tribulations, attires par la fertilit su sol, de nombreuses familles maures vinrent dEspagne se fixer sur le territoire de Mostaganem. De grandes exploitations agricoles furent entreprises. La culture du coton fut importe avec succs.

Les villes de Mostaganem, de Tigditt et de Mazagran comptaient, vers la fin du XVIIIsicle, une population denviron 40.000 mes. Elles taient le centre dun commerce florissant. Cette situation se prolonge jusquau dbut du XIX sicle, poque laquelle toute la rgion est violemment trouble par les difficults, causes la domination turque des beys dAlger, par le sultan de Fez. Les Hachems de Sidi-Mahieddine el Moktari, mokaddem des Kadria, les congrgations chrifiennes des Derkaoua et des Tidjania sont en tte du mouvement.

La nouvelle du succs des troupes du marchal de Bourmont, entres le 5 juillet 1830, dans Alger des beys turcs, est peine rpandue dans le pays que lon apprend larrive, Tlemcen, le 17 novembre 1830, du corps expditionnaire de Moulay-Ali, neveu du sultan. Ses missaires secrets parcourent le Chlif et poussent jusqu Mda.

Le cad Driss adresse une proclamation aux habitants de Mostaganem et dArzew et, la tte dune partie du "gueich marocain, entreprend la soumission des tribus des Douairs et Smelas qui navaient pas encore apport leur "bea au khalifa du sultan.

La prsence, Mers-el-Kbir, du gnral Damrmont, et le mcontentement de certaines tribus de la province, caus par lemprisonnement de Mustapha ben Ismal, agha des Douairs, amnent le sultan rappeler, Fez, son corps expditionnaire (mars 1831).

Cependant, dans les jardins verdoyants de la guethna de loued Hamman, grandissait le fils du mokaddem des Kadrias : Abdelkader ben Mahieddine, celui qui devait, quelques mois plus tard, devenir "Emir al Muminin (commandeur des croyants).

Le pre, rcemment promu la dignit de khalifa du sultan, se sentait trop vieux pour continuer la lutte avec fruit. Une apparition, Sidi-Laradj, vnrable ermite du Saint, lUnique, le Faucon gris, Abdelkader el Djilanni, fondateur des Kadrias, montra un trne, mergeant dune foule de siges vides, et destin, aux dires du Saint, El Hadj Abdelkader ould Mahieddine.

Le 21 novembre 1832, au milieu des tribus, rassembles Ersebieh, aux portes de Mascara, il le fait proclamer sultan. Diplomate avis, Abdelkader se contente, pour linstant, du titre dmir et de succder son pre comme khalifa du sultan. Ds sa prise de commandement, le jeune chef devait se heurter de graves difficults : rivalits personnelles, envie et jalousie.

Le turc Ibrahim, entrautres, sintitule bey de Mostaganem. Mohamed ben Tahar, ancien ducateur de lmir, entretient Arzew, des relations avec les chefs franais dOran. Dans le Chlif, Si el Aribi, repousse ddaigneusement le hachem de zaoua. Les Angad, avec El-Ghomari, les Ouled Sidi-Cheick, les Tidjania tirent de leur ct. La tnacit ardente de lmir triomphe de ces dfections et, ds avril 1833, celui-ci commence harceler les Franais jusque dans les faubourgs dOran.

Matre de Tlemcen, le 7 juillet de la mme anne, il dcide de frapper, dans les plaines du Bas-Chlif, Si el Aribi qui lui est encore hostile. Mais, le chef franais dOran, le gnral Desmichels le devance et, brusquement, le 28 juillet 1833, se prsente devant Mostaganem. Sans dfiance, le turc Ibrahim, qui, depuis un an, pactise avec les Chrtiens, vient au devant du gnral franais, revtu de ses habits de crmonie et des insignes de sa qualit de bey. A sa grande stupfaction, il se voit trait en suspect par Desmichels. Celui-ci occupe la ville, et place, sance tenante, une garnison franaise dans chacun des forts.

Le lendemain matin, les vagues des cavaliers arabes de lmir Abdelkader dferlent contre les remparts de Mostaganem, mais, stant heurt des forces et une rsistance inattendues, ceux-ci doivent, aprs une journe defforts infructueux, battre en retraite.

Abdelkader devait bientt prendre sa revanche. Par son accord du 26 fvrier 1834, avec le gnral Desmichels, ngoci par deux Juifs habiles : Amar-Mardouka et Bacri-Busnach, il obtient le droit dacheter des armes et des munitions et dexercer un contrle permanent du commerce du port dArzew, dont il fait laboutissement des chargements de lintrieur, au dtriment des ports dOran et de Mostaganem.

Vite remis de sa dfaite du ravin de Sikkah, lmir tient la campagne de Tlemcen Mda et du Chlif la Mitidja. Il signe, le 30 mai 1837, avec Bugeaud, le trait de la Tafna, qui lui attribuait la totalit de la province dOran lexception des villes dOran, Arzew, Mostaganem et Mazagran, et une part de la Province dAlger.

Ces gains considrables ne suffisent pas au fils de Mahieddine. Il veut appuyer sa domination la frontire tunisienne. Ses "harkas stirent jusque par-del les monts Bibans.

Pendant ce temps, ses lieutenants continuent, dans louest, tenir en haleine les tribus, toujours prtes se soulever. Ces harclements npargnent pas le rgion de Mostaganem et le dbut de 1840 voit les 12.000 cavaliers de Mustapha ben Thami chouer devant Mazagran, hroquement dfendue par une poigne de braves, sous le commandement du capitaine Lelivre.

Cest la dernire phase des oprations militaires denvergure. La prise de la smala de lmir, prs dAn-Taguin, le 14 mai 1843, la victoire dcisive de Bugeaud, sur les bords de lIsly, le 14 aot 1844, sur les troupes du lieutenant dAbdelkader : Moulay-Mohammed, aboutissent la signature du trait de Tanger entre la France et le Sultan (11 septembre 1844).

Mis hors la loi, traqu de toutes parts, lmir al Muminin, remet, enfin, son pe, le 23 dcembre 1847, au gnral Lamoricire, devant le marabout de Sidi-Brahim. Le canon se tait : lre de la colonisation est commence.

La proclamation de la Rpublique, le 24 fvrier 1848, amena, sur le plan politique, comme au point de vue administratif, lassimilation de lAlgrie la Mtropole. De cette poque date sa division en dpartements et arrondissements, la tte desquels furent placs des prfets et des sous-prfets.
Le dcret du 27 juillet rigea Mostaganem en sous-prfecture.
Extrait du Guide pratique de Mostaganem et de sa Rgion (1938).

..............................................

Beaucoup dincertitudes persistent propos des origines de Mostaganem. Kurcoma pour Ptolme, Cartennae pour Lon lAfricain, Portus Magnus pour Marmol, autant dinterrogations sur la station tablie par les Romains !

Daprs les chroniques musulmanes, la ville arabe de Mester Anem remonterait au XIIe sicle. Un auteur arabe la situe en face de Dnia (Espagne).

Quelle tymologie pour ce nom arabe ?

Son origine serait Meuchteh- Ranem (station dhiver pour un riche propritaire de troupeaux) ou lieu choisi pour mettre en scurit les prises faites sur lennemi
Quatre villes du XVe sicle constituaient une agglomration importante o le commerce tait florissant, en particulier grce la culture et la vente du coton :
Mestaghanem, Tigditt, Idjidida (Beymouth) et Mazagran.

Les Maures exeraient des reprsailles contre les Espagnols, pillant leurs navires, les emmenant en esclavage et ravageant leurs terres ? Ces derniers ragirent et occuprent Mostaganem en 1510. Puis vinrent Aroudj et Kheir Eddine et nouveau les Espagnols.

Cest encore un pays divis en tribus, sous la domination turque, quand la France arrive en 1833. Ds 1840, elle y installe la paix et une cit florissante va grandir. En 1896, Mostaganem a 15400 habitants dont 7500 europens et 7900 musulmans.
En 1854, 20.000 europens ainsi que 40.000 musulmans la peuplent.

A la veille de lindpendance, on la considrait comme la 8e ville dAlgrie par sa population, mais elle tait en mme temps la 3e pour sa situation conomique et la seconde cit de lOranie.

Le port tait le 2e exportateur dAfrique du Nord pour les agrumes, les crales, les huiles et les conserves de la plaine de La Mina.

Le secteur industriel du sol et du sous-sol tait reprsent par les produits miniers des carrires de Ouillis et de Cassaigne. Les Salins de Ferry comptaient pour 25% de la production algrienne.

De Mostaganem, on rejoignait Alger par la RN 23; Relizane, Tiaret et lest du dpartement par le CD 7; Perrgaux et Mascara par la RN 17 et enfin Oran et Tlemcen par les avenues des Marchaux Franchet dEsperey et Leclerc.

Mostaganem lpoque des colonies franaises
Les ditions Jacques Gandini.
Source : members.fortunecity.com

_________________


    
 
Histoire Mostaganem par des Pieds Noirs
          
1 1

:
 ::   ::  -